Au cœur de la Vallée de Tafí, à plus de 2 000 mètres d'altitude, se dressent les menhirs les plus anciens d'Argentine. Ces monolithes de pierre, dont certains dépassent 3 mètres de hauteur, furent taillés par la culture Tafí il y a plus de 2 000 ans.

La culture Tafí habita la vallée entre 300 av. J.-C. et 800 apr. J.-C., avant l'arrivée d'autres cultures andines comme les Diaguitas. C'étaient des agriculteurs et des pasteurs qui développèrent un système unique d'organisation sociale, laissant pour héritage ces mystérieux monolithes.

Que représentent les menhirs ? Cette question fascine les archéologues depuis le XIXe siècle. Certaines théories suggèrent qu'il s'agissait de marqueurs territoriaux ; d'autres, qu'ils représentaient des ancêtres ou des esprits protecteurs. Ce que nous savons avec certitude, c'est que nombre d'entre eux portent des visages sculptés : yeux, nez, bouches, et parfois des ornements et des coiffes.

Le Parc des Menhirs, créé dans les années 1970, rassemble plus de 100 de ces monolithes qui furent déplacés depuis différents points de la vallée. Bien que le déplacement ait été controversé — les menhirs perdirent leur contexte d'origine —, il permit de les préserver et de les étudier de manière systématique.

Le plus intéressant est que les menhirs n'étaient pas isolés. Les fouilles ont révélé qu'ils étaient associés à des cercles de pierres, des monticules et des structures évoquant des espaces cérémoniels. Certains chercheurs proposent qu'ils faisaient partie d'un paysage sacré plus vaste, où chaque élément avait une signification précise.

Lors de nos excursions dans la Vallée de Tafí, nous visitons le Parc des Menhirs avec une interprétation spécialisée. Nous expliquons les différentes théories, montrons les détails des sculptures et relions ces monuments à la cosmovision andine qui perdure encore dans la région.